Histoires audios

La rue était mon chez moi

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Découvre le témoignage de Nguiranne, un enfant abandonné vivant dans les rues de Dakar au Sénégal.

Le texte est à peu près celui-ci :
Nguiranne erre dans les rues de Dakar.
Il y a plusieurs années qu’il s’est enfui de l’école coranique. Il y a reçu trop de coups, et y a subi trop d’injustices. Alors une nuit, alors que tout le monde dormait dans l’école, il s’est levé sans bruit, et à pas feutrés s’est glissé dehors dans la nuit. Il a trouvé un car qui l’a conduit jusqu’à Dakar, la capitale.
Désormais son « chez lui », c’est dehors, ce sont les rues de Dakar.
Pendant la journée, Nguiranne a deux soucis ; ne pas se faire prendre par la police et surtout, surtout …manger. C’est plutôt rare de trouver quelqu’un de compatissant qui lui glisse une pièce lorsqu’il mendie. Alors les seules solutions qui lui restent, c’est de fouiller dans les poubelles des restaurants, ou alors de voler aux étalages du marché.
Au début fouiller dans les poubelles le dégoûtait. Mais à la longue il s’habitue à manger des restes avec des mouches et des microbes. Le plus important est d’apaiser la faim qui le tenaille.
Voler aux étalages du marché lui cause toujours pas mal de stress. Il faut d’abord flâner entre les stands bien garnis de nourriture. Sans en avoir l’air, il attend que le marchand soit bien occupé avec un client ; alors vite, il attrape quelque chose et le fourre immédiatement sous son tee-shirt.
Mais un jour, quelqu’un l’a vu alors qu’il venait juste de cacher une banane sous son tee-shirt. « Au voleur ! au voleur !» Nguiranne ne demande pas son reste. Il part en courant à travers le marché. Malheureusement pour lui, on lui barre le passage. Le voilà pris. Un attroupement se forme autour de lui. On le frappe, et on frappe encore. Nguiranne baisse la tête. Il sent tous les regards braqués sur lui. Un sentiment de honte l’envahit.
On appelle la police. Au poste de police on lui demande :
– Où sont tes parents ?
– Je n’ai pas de parents, répond-il.
Il lui donne alors une gifle.
– Réponds donc ! Où sont tes parents ?
– Je n’ai pas de parents, répète-t-il encore.
Il reçoit alors une deuxième gifle.
Après un autre interrogatoire plus paisible, Nguiranne se retrouve dans la rue.
Lorsque le soir tombe, Nguiranne est davantage sur ses gardes. La nuit est pleine de dangers. Un jour, il a trouvé un sac de riz vide. Quelle aubaine ! Il peut s’en servir comme sac de couchage. Il lui tient chaud pendant son sommeil. Mais un soir il s’aperçoit que quelqu’un le lui a volé. Cherchant aux alentours il aperçoit son voleur : un autre garçon qui comme lui vit dans la rue.
– Rends-moi mon sac, c’est le mien !
– Non, répond l’autre, c’est le mien !
La discussion s’envenime. Les deux garçons en viennent aux mains. Les coups pleuvent. L’autre sort alors une lame de rasoir et blesse Nguiranne à la tête. La blessure est assez légère mais le sang coule abondamment. Nguiranne hurle. L’autre s’enfuit. Une dame s’arrête et prise de pitié pour l’enfant blessé, elle le conduit à l’hôpital. Quelle délicieuse nouveauté pour Nguiranne de pouvoir se laver et de dormir dans un vrai lit et dans de vrais draps.
Sa blessure une fois guérie, Nguiranne se retrouve dans la rue. Les mois et les années passent.
Un jour pourtant il rencontre quelqu’un qui lui dit :
– Je connais une maison qui accueille les enfants des rues.
Et celui-ci ajoute :
– Malheureusement les gens qui habitent cette maison d’accueil ne sont pas musulmans. Là-bas, on te donne à manger et on prend soin de toi. L’ennui, c’est que ce sont des chrétiens.
Nguiranne répond que le fait que ce soient des chrétiens ne lui pose pas de problème. Ayant trouvé l’adresse, il frappe sans hésiter. Dès son entrée Nguiranne se sent tout de suite en sécurité. Il y passe la journée et y découvre quelque chose qu’il ne connaît pas : ceux qui l’accueillent lui montrent de l’amour. Ils lui parlent aussi de Jésus. Chez les musulmans Jésus est un prophète qui s’appelle Issa. Mais le Jésus dont on lui parle est différent de celui du Coran. Dans cette maison d’accueil, on lui montre des films, on lui raconte des histoires. Tous ces films et ces histoires sont remplis d’amour. Amour pour les enfants abandonnés, pour ceux qui sont rejetés de la société, amour pour les démunis…L’amour qu’il rencontre dans cette maison lui fait poser beaucoup de questions.
– Qui est Jésus ?
On lui répond que Jésus a donné sa vie pour lui, Nguiranne.
Nguiranne prend l’habitude de fréquenter cette maison.
Un jour les gens de la maison d’accueil lui proposent de venir passer la nuit dans le centre. C’est pendant une de ces nuits au centre que Nguiranne fait un rêve étrange qu’il raconte lui-même :
« J’étais dans la rue en train de courir pour fuir des démons qui me poursuivaient. Il y avait aussi des gens avec des armes qui cherchaient à m’attraper pour me tuer. Mais alors que je courais de toutes mes forces, je me suis rappelé de ce qu’un chrétien m’a dit : – le nom de Jésus libère partout où tu peux te trouver ; même si tu es malade, tu peux prier Dieu dans le nom de Jésus.
Alors dans mon rêve, j’ai dit : – Que la lumière vienne ! C’est comme si je courais plus vite et que je voyais plus clair. Alors je me suis réveillé. Pendant mon rêve je me sentais tout transpirant. Mais quand la lumière est venue, je me sentais tout apaisé. Je sentais même un air rafraîchissant dans la chambre où je dormais.
Le lendemain Nguiranne raconte mon rêve aux chrétiens qui prennent soin de lui. Ceux-ci lui disent alors :
– C’est à toi de décider si tu veux accepter Jésus comme ton Sauveur.
Sans hésiter, Nguiranne leur répond qu’il l’accepte car c’est lui qui l’a sauvé.
– Il m’a déjà protégé tant de fois et de tant de choses pendant toutes ces années passées dans la rue.
Nguiranne est désormais un disciple de Jésus. En se souvenant de tout ce qu’il a connu dans la rue, il désire composer des chants pour dire à d’autres ce que Jésus a fait pour lui.

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      L’équipe de Par la main

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