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La vieille Grognon

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Les douze coups de midi s’égrènent à l’horloge du village. Aussitôt chacun s’empresse de rentrer chez soi où l’attend sa famille autour d’un repas chaud, si réconfortant dans ces jours froids du mois de décembre.
Mais pour la vieille Grognon (c’est le nom que tout le village lui a donné) midi ne change rien. Machinalement elle compte dans sa tête les douze coups de midi tout en retirant les cendres de son poêle. Pourquoi se dépêcherait-elle ? À midi, elle n’attend personne pour partager son repas : pas de mari, pas d’enfants, pas d’amis…
 
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La vieille Grognon

Les douze coups de midi s’égrènent à l’horloge du village. Aussitôt chacun s’empresse de rentrer chez soi où l’attend sa famille autour d’un repas chaud, si réconfortant dans ces jours froids du mois de décembre.
Mais pour la vieille Grognon (c’est le nom que tout le village lui a donné) midi ne change rien. Machinalement elle compte dans sa tête les douze coups de midi tout en retirant les cendres de son poêle. Pourquoi se dépêcherait-elle ? À midi, elle n’attend personne pour partager son repas : pas de mari, pas d’enfants, pas d’amis…
Non, la vieille Grognon n’aime personne et personne ne l’aime. Si quelqu’un s’avisait de lui rendre visite, elle aurait vite fait de lui claquer la porte au nez. Non jamais un sourire ou une parole aimable n’éclaire son visage. Elle est la plus ancienne locataire de l’immeuble et vit dans un logement spécialement sale.
Que sait-elle de son enfance ? sinon qu’elle est née dans un taudis et qu’elle a perdu sa maman deux jours après. Voilà tout. Peut-être sa maman l’a-t-elle embrassée avant de mourir ? On lui a seulement dit à l’orphelinat que sa maman était blonde et jolie.
Un souvenir reste gravé dans son cœur ; un soir de Noël alors qu’elle était dehors, elle se souvient d’avoir aperçu à travers les fentes d’un volet fermé, une chambre éclairée où une maman blonde penchée sur le lit de son jeune enfant arrangeait l’oreiller avec tendresse, caressait la joue du petit avant de l’embrasser sur les deux joues. Dehors toute seule, elle n’avait pu retenir ses larmes. Elle avait vu trop de bonheur, elle qui ne se souvenait pas avoir jamais reçu un baiser.

En vieillissant la vieille Grognon s’est endurcie et aigrie. Puisque personne ne l’aime, elle n’aime non plus personne. Persuadée que tout le monde est contre elle, elle aussi est contre tout le monde.

Mais alors qu’elle s’occupe à raviver son feu, elle entend tout à coup un léger bruit dans l’escalier. S’approchant de la porte d’entrée, elle tend l’oreille. Le bruit s’est arrêté sur son palier. Qu’est-ce ? Y aurait-il quelqu’un ? La curiosité est trop forte. La vieille Grognon entrebâille silencieusement sa porte. Que voit-elle ? Un petit chat noir, maigre et grelottant de froid s’est couché devant sa porte.
La vieille Grognon a horreur des chats.
– Va-t’en, lui crie-t-elle en lui décochant méchamment un coup de pied.
Le petit chat recule et va se coucher dans un autre coin du palier. Peut-être n’a-t-il plus la force de redescendre l’escalier.
– Bah, il finira bien par s’en aller, se dit la vieille Grognon en refermant sa porte.
Pourtant en allant et venant dans son logement, plusieurs fois, elle s’approche de sa porte d’entrée pour écouter. Elle perçoit un faible miaulement plaintif.
– Il finira bien par partir ou bien il n’a qu’à mourir ! se dit-elle.
Pourtant n’y tenant plus, elle finit par ouvrir une nouvelle fois sa porte. Son regard croise le regard suppliant du petit animal qui tremble de tout son corps.
Il se passe alors quelque chose d’étrange en elle, quelque chose qu’elle n’a jamais ressenti. Se souvenant alors de cette nuit froide de Noël où elle avait si ardemment envié le bonheur des autres,
la vieille Grognon se penche alors sur le petit animal et délicatement pour ne pas l’effaroucher, le prend dans ses bras. Il a une blessure à la patte. Refermant sa porte d’entrée elle installe auprès du poêle qui diffuse une douce chaleur. La vieille Grognon va chercher ensuite une bassine d’eau tiède et lave la blessure du petit chat. Après cela elle lui verse une soucoupe de lait.

C’est une chose nouvelle pour la Vieille Grognon d’avoir à s’occuper de quelqu’un d’autre que d’elle-même. Et comme c’est étrange ! de jour en jour elle s’attache davantage à son petit animal.
Quelle surprise aussi pour les gens du quartier lorsque la Vieille Grognon sort pour faire ses courses, de la voir immanquablement accompagnée de son chat noir.

Hélas un matin la vieille Grognon s’aperçoit d’un grand malheur : son chat a disparu. Toute la journée, et les jours qui suivent, elle le cherche partout mais en vain.
Comme sa chambre lui paraît vide maintenant. Une fois de plus la vieille femme n’a plus personne à aimer.
Et pourtant, le petit chat disparu a laissé au fond du cœur de sa maîtresse un désir d’aimer qui ne s’est pas éteint avec sa disparition.
Les semaines passent. La vieille Grognon a repris sa vie maussade.
Pourtant un jour occupée à faire ses courses, elle surprend la conversation de deux voisines : il est question d’une petite fille dont personne ne veut et qui doit être placée à l’orphelinat.
– Orpheline, comme moi ! Non il ne faut pas que cette petite connaisse ce qu’elle a connu.
Saisissant son courage à deux mains, elle s’approche des deux voisines :
– Dites, la petite, vous croyez qu’on me la donnerait à moi ?
Sa voix tremble malgré elle. Elle répète d’un ton suppliant :
– Vous croyez qu’on me la donnerait à moi ?
Les deux voisines la dévisagent :
– Mais qu’est-ce que vous feriez d’elle ? Vous ne pourrez pas vous en occuper à votre âge !
Mais le marchand se mêle à la conversation :
– Bah, remarque-t-il en tirant sur sa pipe, quand on sait s’occuper d’un chat…
Qu’importent les courses, la Vieille Grognon se rend immédiatement à l’orphelinat pour demander qu’on lui confie l’enfant.
Mais allait-on la lui confier ?
En attendant la décision, la vieille femme ne perd pas son temps. Rentrée chez elle, elle aménage son logement. Elle nettoie, range, repeint. Elle ne peut envisager un instant qu’on ne lui confie pas l’enfant.
Qu’est-ce qui a emporté la décision ? Est-ce son changement d’attitude ? Est-ce la propreté nouvelle de son logement ou encore la persuasion qu’elle a déployée pour demander la garde de l’enfant… Toujours est-il que quelques semaines plus tard on peut voir dans les rues du village la vieille femme tenant par la main la petite Lisa. Pour la mère adoptive rien ne sera plus jamais comme avant. Comme elle va être heureuse : elle aime la petite de tout son cœur et elle sait que Lisa l’aime aussi.
Pourtant il manque encore quelque chose au travail de Dieu dans son cœur.
Ce sera à la soirée de Noël organisée pour les enfants du village : là, la vieille Grognon entend pour la première fois parler de l’amour du Sauveur venu sur la terre par amour pour elle. Son vieux cœur si longtemps desséché s’ouvre alors à l’amour de Jésus.

Ce même soir, la vieille Grognon se penche sur le petit lit de Lisa. Avec tendresse elle arrange l’oreiller puis doucement avant de se retirer, elle dépose doucement un baiser sur chacune des joues de l’enfant qui s’endort.

« Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors ». Évangile de Jean chapitre 6 : 37
« Quand mon père et ma mère m’auraient abandonné, l’Éternel me recueillera. » Psaume 27 : 10
« Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, pour ne pas avoir compassion du fruit de son ventre ? Même celles-là oublieront ; … mais moi, je ne t’oublierai pas. » Ésaïe 49 : 15
« Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains. » Ésaïe 49 : 16

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